Si la transition écologique dispose d’une image positive auprès de l’opinion publique et devient un sujet déterminant des différentes échéances électorales, un nombre croissant de projets font aujourd’hui l’objet de réticences, voire d’une opposition de plus en plus structurée. En témoigne la colère provoquée par la taxe carbone, l’écotaxe poids lourds ou encore la multiplication des recours déposés contre les projets éoliens. Par ailleurs, de nombreuses disciplines scientifiques, médicales et sociales se penchent sur la question des résistances aux changements afin de comprendre ces contradictions entre souhaits et mise en œuvre.

Pour surmonter ces contestations, faciliter l’acceptabilité des projets et ainsi accélérer les nécessaires transformations écologique, un dialogue réciproque entre le monde politique, les experts et la société civile est nécessaire. Il invite à dépasser les résistances liées à des questions de légitimité environnementale ou d’opportunité (« qu’est-ce que j’ai à y gagner ? »), ainsi qu'au phénomène NIMBY (« quel impact personnel ? »). Quels sont les facteurs bloquants ? Comment vulgariser et faciliter la compréhension des projets de transformation écologique ? Comment instaurer un dialogue éclairé avec les parties intéressées ? Comment passer de l’opposition à l’adhésion, et enrichir le projet avec la pluralité des « points de vue » ? Sur quels leviers peut-on agir pour faciliter cette acceptation (psychologiques ? neuropsychologiques? sociologiques ?).

Voici quelques-unes des questions qui seront abordées par le groupe de travail mis en place par Comité 21 sur la période 2020-2021, et dont les réponses viendront alimenter l’élaboration d’un référentiel (cadre méthodologique) pour renforcer l’acceptabilité des projets de transformation écologique et mieux lever les résistances aux changement.

  • Auditions de plusieurs acteurs (porteurs de projets, opposants, sociologues, chercheurs ) pour identifier les facteurs expliquant l’acceptabilité ou le refus d’un projet.
  • Note d’analyse Panorama européen de la participation citoyenne aux transformations écologiques et freins aux changements
  • Forum annuel « Participation citoyenne, acceptabilité des projets de transformation écologique et résistances aux changements »
  • Publication d’un cadre méthodologique renforcer l’acceptabilité des projets de transformation écologique et lever les résistances aux changements

S’il existe aujourd'hui une prise de conscience de plus en plus forte des citoyens sur l’écologie, tant en Europe qu'en Amérique du Nord, les pratiques individuelles demeurent désespérément faibles, et ce en dépit des intentions affichées. Ainsi, plus de la moitié des Français seraient devenus "des adeptes de la décroissance" selon un sondage publié par le magazine Challenges en octobre 2019.

Alors comment expliquer ce hiatus, étonnant mais aussi ancien qu'universel, entre les intentions et les pratiques ? Quels sont les freins au changement ? Comment accompagner la modification des comportements individuels ? Comment donner à chacun la capacité́ d’être un acteur engagé sur l’écologie? Face au péril environnemental, faut-il laisser à chaque individu le choix de ses modes de vie? Voici quelques-unes des questions qui seront abordées par le Comité 21 sur la période 2020-2021, en écho avec les forums nationaux précédents.

  • Animation d’une Convention citoyenne, mobilisant un échantillon représentatif d’habitants et dont la mission consisterait à formuler des propositions concrètes pour accélérer l’action citoyenne sur l’écologie. Pour y parvenir, différents experts seront auditionnés. Leurs propositions seront remises aux décideurs (Etat, élus locaux, chefs d’entreprises, têtes de réseaux) en septembre 2020, à l’occasion de l’Université du Comité 21.
  • Animation d’une Université des acteurs du développement durable, sur le thème de la citoyenneté écologique

Ces actions seront reconduites en 2021.